Dans le centre historique de Rennes, nous sommes intervenus sur un bâtiment ancien à la suite d’un sinistre ayant endommagé la structure d’un plancher. Ce type de chantier, au-delà de la simple réparation, pose une question essentielle : comment reconstruire sans dénaturer ?
Un choix : préserver le système constructif d’origine
Lorsqu’un plafond ancien est endommagé, la solution la plus rapide consiste souvent à le reprendre en plaques de plâtre. C’est une méthode standardisée, peu coûteuse, et largement répandue dans la construction contemporaine.
Mais sur un bâtiment ancien, cette solution n’a pas toujours de sens. Le plafond concerné ici était à l’origine constitué d’un lattis de châtaignier fendu, recouvert d’un enduit plâtre traditionnel — un système constructif qui a fait ses preuves depuis des siècles.
Remplacer ce système par une solution moderne aurait été plus simple, mais pas plus pertinent. Nous avons donc fait le choix de restituer un lattis traditionnel, pour respecter le fonctionnement d’origine du bâtiment plutôt que de le remplacer par une solution standard qui n’apporte ici aucune plus-value réelle.
Le lattis de châtaignier : une technique exigeante
Le lattis est un maillage de fines lattes de bois fendu, fixées perpendiculairement aux solives, qui sert de support à l’enduit plâtre. Le châtaignier est traditionnellement privilégié pour cet usage : c’est un bois naturellement durable, peu sensible aux insectes xylophages, et suffisamment souple pour être fendu finement sans se briser.
La pose d’un lattis se fait latte par latte, chaque latte est positionnée avec un léger espace par rapport à ses voisines, afin de permettre à l’enduit de plâtre de s’accrocher mécaniquement en formant un bourrelet à l’arrière — c’est ce bourrelet qui assure la tenue de l’enduit dans la durée.
Une fois le lattis posé, l’enduit plâtre est appliqué en plusieurs couches successives, chacune ayant un rôle précis : Le dégrossi : première couche qui enrobe le lattis et règle le support. Elle doit faire au moins un centimètre d’épaisseur et bien faire un champignon derrière chaque latte pour garantir l’accroche mécanique du plâtre. La couche de finition : elle vient compléter l’épaisseur totale, en assurant une finition lissé.
Sur les murs attenants, la même logique s’applique : un dégrossi qui règle et accroche le support, suivi d’un enduit plâtre fini, avec un ratissage soigné qui permet d’obtenir une reprise invisible avec l’existant. C’est cette dernière étape qui fait toute la différence : une fois le chantier terminé, aucune trace de l’intervention ne doit être perceptible.
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