Le terme « bâti ancien » ne désigne pas seulement l’âge d’une maison. Il définit avant tout un mode constructif spécifique. On considère généralement comme bâti ancien l’ensemble des constructions édifiées avant la généralisation du béton et des matériaux industriels.
La date de 1948 est souvent utilisée comme repère, bien qu’elle soit à prendre avec précaution : les méthodes de construction ont évolué progressivement, et non du jour au lendemain.
Contrairement au bâti moderne qui repose sur l’étanchéité, le bâti ancien repose sur la perméabilité à la vapeur d’eau. Il a été conçu avec des matériaux locaux et peu transformés : pierre, terre crue, brique, bois, chaux et plâtre.
Le principe de perspirance : des murs qui « respirent »
L’une des caractéristiques majeures du bâti ancien est sa capacité à gérer l’humidité de manière naturelle. Les matériaux traditionnels sont perspirants : ils absorbent l’excès d’humidité ambiante ou souterraine et la rejettent vers l’extérieur par évaporation.
C’est un principe d’équilibre hydrique : le bâtiment n’est pas une boîte étanche, mais un organisme qui échange avec son environnement. Par exemple, les fondations acceptent une certaine humidité du sol qui s’évapore ensuite naturellement à travers les murs et les enduits à la chaux.
Pourquoi ne pas appliquer les solutions du moderne à l’ancien ?
L’erreur la plus courante consiste à vouloir calquer les solutions du bâtiment contemporain (normes RT2012 ou RE2020) sur des structures anciennes. L’utilisation de ciment, d’enduits étanches ou d’isolants synthétiques crée une barrière infranchissable pour l’eau.
Cela provoque des désordres graves :
- Remontées capillaires accentuées : l’eau, bloquée, ne peut plus s’évaporer et monte plus haut dans les murs.
- Pathologies du bâti : éclatement des pierres sous l’effet du gel, pourrissement des poutres encastrées dans la maçonnerie, apparition de salpêtre.
Notre approche d’artisan : l’observation avant l’action
Intervenir sur une maison en pierre ou à pans de bois demande une approche globale. Avant de proposer une solution, nous analysons la nature de la maçonnerie, l’historique des travaux (pour repérer d’anciennes dalles béton ou enduits ciment) et les éventuels soucis structurels.
Notre déontologie est claire : notre intervention ne doit pas desservir le bâtiment. Si notre œil perçoit un désordre que nous ne pouvons résoudre nous-mêmes (problème de structure, charpente affaissée, etc.), nous saurons vous orienter vers des confrères spécialisés (charpentiers ou maçons du bâti ancien).
Matériaux compatibles et techniques durables
La restauration durable passe par l’utilisation de matériaux dont les propriétés mécaniques et physiques sont proches de l’existant : Nous préconisons des enduits à la chaux naturelle ou au plâtre traditionnel pour protéger le mur tout en le laissant respirer. Des Isolants biosourcées qui respectent la perspirance.…
L’objectif n’est pas de transformer votre maison en construction moderne, ni de rester figé dans le passé. Il s’agit de réconcilier confort thermique actuel et santé du bâti, pour que votre patrimoine traverse les prochaines décennies sans encombre.

